Érosion des fondements du Droit occidental

C’est chez ceux susceptibles de développer une hostilité envers l’islam en général que la perception superficielle et distordue de la communauté musulmane contribue dangereusement à aggraver la fracture sociale. C’est une erreur monumentale de les stigmatiser systématiquement, au lieu de s’ouvrir au dialogue.

Pour dégager sur quoi repose cette erreur, il faut remonter jusqu’au fondement du droit occidental.

Un des principes fondateurs du droit occidental est la distinction nette entre le Droit et la morale, entre le péché et le crime. C’est cette distinction conceptuelle fondamentale qui est à la source de la séparation entre l’Église et l’État.1 Les opinions, les croyances, les désirs, les fantasmes ne sont pas des crimes. Contrairement au péché, le crime ne peut pas ne survenir que dans l’esprit. L’hostilité envers les accommodements, le souhait d’une politique anti-immigration, voire même le racisme ne sont pas des crimes en soi. Ce sont des opinions. Mais ceux qui les expriment se font systématiquement stigmatiser comme si c’était aussi grave que des crimes comme l’inceste, la pédophilie, le viol et le meurtre.

Comprenez-moi bien, je ne défends ni le racisme ni l’islamophobie, bien au contraire. Mais en agissant de la sorte, en se laissant guider aveuglément par la rectitude politique, non seulement nous aggravons la fracture, mais en plus, nous minons les fondements de notre société.

Bien sûr que le racisme et l’islamophobie gangrènent la cohésion sociale. Et c’est le rôle de l’État de combattre le racisme systémique et institutionnel. Mais ce n’est pas le rôle d’un État démocratique de dicter ce que les citoyens doivent penser, pire, comment ils doivent se sentir. Ce serait plutôt la marque d’un État totalitaire.

  1. Voir : Histoire des idées politiques dans l’Antiquité et au Moyen Âge; Phillipe Nemo.

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