Notre société

Contrairement à ce que prétend le matérialisme, nous habitons un monde où les mots font les choses. C’est la raison pour laquelle je prends soin d’employer l’adjectif possessif «notre» pour parler de «notre société» au lieu de l’article «la». Lorsque l’on parle de la société, c’est un peu comme si on désignait quelque chose en dehors de nous, comme la table ou la maison. Comme si nous n’en faisions pas partie intégrante. En revanche, «notre» société sous-entend qu’elle appartient à tous ceux et celles qui la composent, autant aux premiers arrivés qu’aux derniers, autant aux croyants qu’aux athées, autant aux riches qu’aux pauvres, autant aux fédéralistes qu’aux nationalistes.

Mais elle n’appartient ni à Marx, ni à Hayek, ni à Mahomet, ni à Pierre Elliotte Trudeau. Pourtant ceux-ci continuent à exercer outre-tombe leur influence sur la configuration de notre société infiniment plus que nous tous ensemble. Comme si nous n’avions aucune autre option que de nous soumettre à leurs volontés posthumes.

Notre société constitue notre écosystème que nous laissons se détériorer faute d’en être conscient collectivement, faute de ce «nous» collectif que nos prédécesseurs, empêtrés dans leurs vraies-fausses théories, n’ont pas su édifier.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *